Pull ou gilet : ce que les tricoteuses choisissent vraiment

Pull ou gilet : ce que les tricoteuses choisissent vraiment

Le gilet domine les podiums et les recherches depuis deux saisons, mais sur les aiguilles, le pull reste le premier vêtement que l'on ose. La vraie réponse tient en peu de mots : on tricote le gilet que l'on rêve de porter, et le pull que l'on porte vraiment.

Le pull : oui, parce que…

Il se tricote d'un seul tenant. En rond, du haut vers le bas, sans couture ni bande de boutonnage : c'est le grand projet le plus serein pour commencer.

Il pardonne. Une aisance généreuse, un col roulé, une encolure ronde : la forme reste lisible même avec un échantillon un peu capricieux.

Il montre la laine. Une grande surface de jersey laisse vivre chaque nuance d'un écheveau teint à la main.

Le pull : non, quand…

Vous avez chaud facilement. Un pull ne s'ouvre pas : en intérieur chauffé, il se porte moins souvent qu'on ne l'espère.

Votre garde-robe déborde déjà de pulls du commerce. Le fait main mérite une place que rien d'autre n'occupe.

Le gilet : oui, parce que…

Il se superpose. Sur une robe, une chemise, un t-shirt, il traverse trois saisons et s'enlève dès que le soleil revient.

Il structure une tenue. Boutonné jusqu'en haut, il devient un haut ; ouvert, une veste légère.

Il fait progresser. Bandes de boutonnage, boutonnières, mailles relevées : c'est l'étape naturelle après un premier pull.

Le gilet : non, quand…

Vous redoutez les finitions. Une bande de boutonnage mal relevée gondole, et c'est elle que l'on regarde en premier.

Vous cherchez un projet de détente. Les boutonnières demandent de compter, de mesurer, et parfois de recommencer.

Ce que dit la mode

Le cardigan a envahi les défilés du printemps-été 2026 : ultra-fin chez Ami Paris, miniature chez Miu Miu, simplement noué sur les épaules chez The Row. Pour l'automne-hiver 2026-2027, les collections le veulent ample et enveloppant, presque un manteau de maille.

Le pull, lui, ne disparaît jamais. Il change de silhouette : plus court et ajusté il y a dix ans, plus ample aujourd'hui, avec des épaules tombantes et des manches qui s'élargissent.

On aime changer… et l'on revient à ses classiques

Nous suivons les tendances avec envie, puis nous revenons sur nos pas. Celle qui tricote des gilets en tricotera encore, en changeant le col ou la longueur. Celle qui préfère le pull reviendra au raglan qu'elle maîtrise, en jouant sur la laine ou la couleur.

Ce n'est pas un manque d'audace. Un vêtement tricoté demande des dizaines d'heures : on mise sur une forme dont on sait qu'on la portera.

En France, au Nord, au Sud

En France, le pull reste le grand classique, souvent en laine fine et dans des tons doux. Le gilet gagne du terrain chez les tricoteuses plus jeunes, arrivées au tricot par les réseaux sociaux.

Au Nord, la vague danoise a imposé des modèles simples et faciles à porter : PetiteKnit, Anne Ventzel, Lærke Bagger. Pull et gilet y existent souvent en paire, dans la même construction, avec un col plus haut pour mieux tomber.

Au Sud, en Italie notamment, la maille est une affaire de couleur et de légèreté, dans la lignée de Missoni et de ses rayures en zigzag. On y tricote volontiers plus fin : des gilets courts et des hauts qui se portent jusqu'au printemps.

Chez Wooliette, tout est possible

Vous hésitez ? Ne choisissez pas. Le Pull Limoncello se tricote du haut vers le bas, en raglan, avec deux longueurs au choix. Le Pull Darcy se prête au double fil Doucette, aérien, ou au mélange fingering et lace pour plus de matière. Et si le gilet vous appelle, le Cardigan Folie Douce, publié dans le premier numéro du magazine Tricote, vous attend en triple fil mohair.

Une même laine peut devenir l'un ou l'autre. C'est tout le plaisir d'un écheveau teint à la main : il ne vous impose rien.

Et vous ?

Pull ou gilet : lequel est sur vos aiguilles en ce moment ? Dites-le-nous en commentaire, nous lisons chacune de vos réponses.

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